JAKARTA - L'armée israélienne a annoncé début de semaine qu'elle allait introduire un nouveau système technologique pour imposer des restrictions à la circulation dans la Cisjordanie occupée, tant pour les Israéliens que pour les Palestiniens, dans une mesure que les médias israéliens ont qualifiée de tentative de contrôler la montée en puissance des colons violents.
« Cette décision permet aux forces de sécurité de « installer des dispositifs de surveillance technologiques sur des personnes auxquelles une ordonnance administrative a été imposée limitant leur mouvement à l’intérieur (de la Cisjordanie) », a déclaré l’armée dans une déclaration, a rapporté Al Arabiya de l’AFP (6/1).
Le système permettra de surveiller « les violations des ordres de restriction », a ajouté la déclaration.
Cette mesure a été adoptée à la demande du chef de l'agence de sécurité intérieure Shin Bet, David Zini, en réponse à la montée de la violence des colons israéliens contre les Palestiniens en Cisjordanie, a rapporté Channel 12 Israel.
Les dispositifs de surveillance utilisés seront des bracelets électroniques, selon la chaîne israélienne.
En réponse à la question de l'AFP, l'armée a déclaré que cette mesure s'appliquerait aux Israéliens et aux Palestiniens.
Il est connu que Israël occupe le territoire palestinien depuis 1967, avec plus de 500 000 Israéliens vivant actuellement sur place, ainsi que quelque trois millions de Palestiniens.
L'armée israélienne a déclaré que le démantèlement de tout outil de surveillance « constituait une violation, qui pourrait mener à un procès pénal ».
Honenu, une organisation israélienne d'aide juridique qui aide les prisonniers de la communauté de colons de droite, a critiqué la décision et a déclaré qu'elle ferait appel.
Dans une publication sur X, ils ont cité l'un de leurs avocats qui a déclaré que c'était « une mesure antidémocratique qui rappelle le comportement des régimes oppresseurs ».
Les ordonnances administratives de restriction interdisent aux suspects résidant en Cisjordanie de se rendre dans certaines zones ou de communiquer avec certaines personnes.
Ces mesures plus sévères, connues sous le nom de détention administrative, permettent aux forces de sécurité israéliennes de détenir des suspects en Cisjordanie, Israéliens et Palestiniens, jusqu'à six mois sans inculpation.
Après avoir pris ses fonctions en novembre 2024, le ministre israélien de la Défense Katz a supprimé l'utilisation de cette mesure contre les Israéliens, mais elle est toujours appliquée aux Palestiniens.
Depuis le début de la guerre à Gaza après l'attaque du Hamas contre Israël en octobre 2023, la violence a également augmenté en Cisjordanie.
Bien que l'armistice fragile entre Israël et le Hamas soit entré en vigueur en octobre, la violence n'a pas cessé.
Les forces et les colons israéliens ont tué plus de 1 000 Palestiniens dans la région, dont de nombreux militants et des dizaines de civils, selon les calculs de l’AFP sur la base de chiffres du ministère de la santé palestinien.
D'un autre côté, selon les chiffres officiels israéliens, au moins 44 Israéliens, militaires et civils, ont également été tués dans des attaques palestiniennes ou des opérations militaires israéliennes au cours de la même période en Cisjordanie.
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