JAKARTA - Le Conseil des journalistes a demandé au gouvernement de supprimer deux clauses de l’accord de commerce réciproque entre l’Indonésie et les États-Unis qui sont considérés comme menaçant directement l’écosyst̀eme de la presse nationale. Les deux points concernent l’ouverture de capitaux étrangers à 100 pourcent dans le secteur de l’édition et la limitation du role de l’Etat dans la regulation des plateformes digitales afin de soutenir les media.
Dans une déclaration recépieée par l’editéré et signiée par le président du Conseil des journalistes, le professeur Dr. Komaruddin Hidayat à Jakarta, mercredi 11 mars 2026, l’institut a estimé que le contenu de l’accord signé à Washington DC le 19 février 2026 pouvait potentiellement entrer en conflit avec les réglements en vigueur en Indonesie.
Le premier point concerne l'article 2.28, dont le but est d'exiger de l'Indonésie d'ouvrir l'investissement étranger sans restriction de proprieté pour les investisseurs des États-Unis dans un certain nombre de secteurs, y compris l'émission. Pour le Conseil des journalistes, ce clausule signifie ouvrir la voie à une proprieté étrangère pouvant atteindre 100% dans le secteur des médias, en particulier pour les investisseurs américains.
Le problème, c’est que cette disposition n’est pas conforme à la loi n° 32 de 2002 sur la radiodiffusion qui limite la participation étrangère dans les entreprises de radiodiffusion à 20% au plus. La loi n° 40 de 1999 sur les personnées ouvre certes des opportunités de participation étrangerée par le biais du marché boursier, mais ne permet pas la prise de majorité.
Le second point concerne l’article 3.3. Dans cette clause, le gouvernement indonésien est invité à s’abstenir de demander aux fournisseurs de services numériques américains de soutenir les organisations de presse nationales par le biais de licences payantes, du partage des données des utilisateurs et du partage des bénéfices. Le Conseil des journalistes estime que cette disposition est en conflit avec le décret présidentiel n° 32 de 2024 qui oblige en fait les plateformes numériques à soutenir le journalisme de qualité par le biais de la coopération avec les entreprises de presse.
Si elle est laissée de côté, a dit le Conseil des journalistes, la Perpres pourrait perdre sa force. La collaboration entre les plateformes et les médias est toujours possible, mais seulement dans le cadre de relations commerciales interentreprises, pas d’obligations.
C'est pourquoi le Conseil des journalistes a demandé au gouvernement de supprimer la clause de 100% de proprieté étrangère dans le secteur de l'edition et d'effacer l'article 3.3. Pour le Conseil des journalistes, l'Etat est tenu de maintenir la presse saine sur le plan commercial, de produire un journalisme de qualité et de la proteger afin qu'elle puisse remplir sa fonction en tant que quatrième pilier de la democratie.
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