Pas toujours mauvais, les inquiétudes ont en fait un effet positif

JAKARTA - Les émotions négatives sont souvent perçues comme quelque chose qu’il faut supprimer ou éliminer pour préserver la santé mentale. Les inquiétudes, par exemple, sont souvent considérées comme une source de stress qui perturbe la tranquillité d’esprit.

Cependant, un certain nombre d'études en psychologie montrent que des émotions telles que la crainte ne sont pas toujours nuisibles. Dans une certaine mesure, la préoccupation peut jouer un rôle positif et aider les individus à faire face à divers défis de la vie.

L’étude citée par Psychology Today a revélé que la peur a une fonction adaptative tant qu’elle est à un niveau qui peut encore être ĝérable. Au lieu de nuire, la préoccupation peut être un outil mental pour se preparer à des situations incertaines.

Le psychologue clinique de l’Université d’État de Pennsylvanie, aux États-Unis, Thomas D. Borkovec, explique que la préoccupation fonctionne comme un «́ceinture de sécurité mentalé» qui aide une personne à anticiper les pires possibles. Ses recherches depuis le début des années 1980 montrent que la préoccupation incite les individus à exécuter divers scénaires «́que se passe-t-il si» comme forme de sécurisété à l’encontre d’une menace ou d’un resultat́ non souhaitable.

« Les inquiétudes ne sont pas des erreurs dans le système de pensée humain, mais des mécanismes pour faire face à l’incertitude », explique l’étude, comme le rapporte ANTARA.

Des conclusions similaires ont été émises par la psychologue sociale de l’Université de Californie, Riverside, Kate Sweeny. Dans sa recherche en 2017, elle a trouvé que les niveaux d’inquiétude légers à modérés pouvaient stimuler les comportements de prévention et aider à la préparation émotionnelle face à la possibilité d’une nouvelle mauvaise nouvelle.

De nombreuses autres recherches montrent également que les personnes sujettes à l'anxiété ont souvent une vigilance plus élevée aux changements et aux erreurs potentielles qui les entourent. Tant que cela ne se développe pas en anxiété excessive, cette vigilance peut aider le processus de prise de décision et l’adaptation.

Les psychologues cliniques britanniques Graham Davey et Adrian Wells expliquent que les inquiétudes se développent comme une façon pour le cerveau de maintenir le focus sur les problèmes non résolus.

En gardant le problème actif dans l’esprit, le cerveau est poussé à trouver une solution. Ils ont décrit cette perspective dans une étude intitulée «Worry and Its Psychological Disorders: Theory, Assessment and Treatment» publiée en 2006.

Cependant, les psychologues soulignent l’importance de distinguer entre les inquiétudes constructives et les inquiétudes non productives. Les inquiétudes saines encouragent les actions concrètes et la planification, tandis que les inquiétudes répétitives sans direction peuvent en fait provoquer une fatigue mentale et augmenter le risque de troubles anxieux.

L'une des approches considérés comme efficaces pour gérer les inquiétudes est la pleine conscience, c'est-à-dire l'exercice de la conscience des pensées, des émotions et des sensations du corps dans le moment présent sans réaction excessive.

Une recherche menée par Delgado et ses collègues en 2010, publiée par Psychology Today, a montré que les participants à la formation en pleine conscience continuaient à avoir des inquiétudes, mais étaient capables de les observer de manière plus objective et de se concentrer sur la résolution des problèmes.