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JAKARTA - Les autorites chinoises ont ordonné aux entreprises nationales d’interdire l’utilisation de logiciels de securité cybernétique dès une douzaine d’entreprises situées aux États-Unis et en Israel. Elles se sont justiquantes par des inquiétudes concernant la securité nationale. Cela a été revélé selon deux sources connaissant directement la politique.

Cette mesure a été prise dans le contexte de l'intensification des tensions commerciales et diplomatiques entre la Chine et les États-Unis, alors que les deux pays se battent pour atteindre la suprématie technologique. Pékin a activement tenté au cours des dernières années de remplacer les technologies occidentales par des alternatives de production nationales.

Les entreprises américaines dont le logiciel de cybersécurité est interdit sont notamment VMware, détenu par Broadcom, Palo Alto Networks et Fortinet. Quant à Israël, l'interdiction comprend Check Point Software Technologies.

Il n’est pas encore certain combien d’entreprises chinoises ont reçu cette notification, qui selon une source a été émise au cours des derniers jours.

Les autorités chinoises ont exprimé leur inquiétude que le logiciel puisse potentiellement collecter et envoyer des informations classifiées à l’étranger, ont dit les sources à Reuters. Ils ont refusé de donner leur nom en raison de la sensibilité de la question.

La Cyberspace Administration of China, le régulateur chinois de l’internet, et le ministère chinois de l’Industrie et des Technologies de l’information n’ont pas répondu à la demande de commentaires jusqu’ à la publication de cet article. Les quatre entreprises n’ont pas non plus répondu aux questions de Reuters.

Préparatifs de la visite de Trump

Les États-Unis et la Chine, qui sont actuellement dans un état de cessez-le-feu commercial fragile, se préparent à la visite du président américain Donald Trump à Pékin en avril 2026.

Avant même que Trump ne redevienne en 2025, la question politique entourant les fournisseurs de sécurité cybernétique étrangers est depuis longtemps une question sensible en Chine.

Alors que l'Occident et la Chine se disputent les efforts de Pékin pour construire un secteur des semi-conducteurs et de l'intelligence artificielle, les analystes chinois disent que le gouvernement s'inquiète de plus en plus que les équipements fabriqués en Occident puissent être piratés par des forces étrangères.

La Chine cherche à remplacer les ordinateurs et les logiciels de traitement de texte occidentaux par des produits nationaux. Les plus grands fournisseurs de sécurité en Chine sont notamment 360 Security Technology et Neusoft.

Au contraire, plusieurs entreprises américaines et israéliennes qui ont fait l'objet de ces interdictions ont souvent accusé la Chine d'avoir mené des opérations de piratage, une accusation que Pékin a toujours réfuté.

Le mois dernier, Check Point a publié un rapport sur une présumée opération de piratage liée à la Chine contre un « gouvernement européen » non identifié. En septembre, Palo Alto a également publié un rapport indiquant que des tentatives de piratage présumées avaient été menées par la Chine et visaient des diplomates du monde entier.

Traces significatives en Chine

Ces entreprises ont construit une présence assez importante en Chine depuis des années.

Fortinet a trois bureaux en Chine continentale et un à Hong Kong, selon son site officiel. Le site de Check Point indique des adresses de support à Shanghai et à Hong Kong. Broadcom a six sites en Chine, tandis que Palo Alto indique cinq bureaux locaux en Chine, dont un à Macao.

Les analystes disent que les entreprises de cybersécurité emploient souvent d'anciens membres des services de renseignement, travaillent en étroite collaboration avec les agences de défense nationales respectives, et ont un large accès aux réseaux d'entreprises et aux appareils individuels. Ces conditions, au moins théoriquement, peuvent être une entrée pour des activités de spionnage ou de sabotage.


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