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JAKARTA - L'Union européenne prépare un changement fondamental de sa politique commerciale au milieu d'un déficitaire commerce avec la Chine, une dépendance croissante à des secteurs stratégiques et des pressions sur les industries européennes en raison de modèles de production soutenus par l'État en Chine.

En tant que plus grand centre de fabrication au monde, la Chine continue d'étendre sa pénétration sur le marché mondial grâce à des politiques industrielles soutenues par le gouvernement.

La Chine a rapidement augmenté sa capacité de production dans divers secteurs, en particulier les véhicules électriques, les batteries, les panneaux solaires, les matières premières minérales critiques et les produits de haute technologie, ce qui réduit la compétitivité de l'Europe.

La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a déclaré lors du sommet du G7 au Canada que les relations commerciales de l'UE avec la Chine étaient actuellement intenables.

Selon von der Leyen, l’Union européenne doit augmenter sa capacité de production, étendre son réseau d’accords commerciaux dans diverses régions du monde, et diversifier ses chaînes d’approvisionnement. Elle a également souligné la concentration des approvisionnements en minéraux et en matières premières critiques en Chine, de sorte que l’Union européenne évite une dépendance excessive à un seul fournisseur.

La domination de la Chine dans le commerce mondial est l’un des principaux sujets abordés lors des rencontres des dirigeants de l’Union européenne à Bruxelles jeudi et vendredi.

La Commission européenne a affirmé que les relations économiques avec la Chine devaient continuer à être maintenues grâce à une approche de réduction des risques. Cependant, les relations commerciales et d'investissement actuelles ne sont plus considérées comme viables.

Plusieurs consultations de haut niveau à Bruxelles ont montré que les menaces économiques et sécuritaires ne peuvent plus être séparées. Cette situation a conduit à l’élaboration de politiques plus globales et coordonnées à l’égard de la Chine, y compris l’application de nouveaux tarifs, de quotas d’importation, d’obligations de diversification des chaînes d’approvisionnement, ainsi que de nouveaux instruments de défense économique pour faire face aux risques émergents du centre de fabrication mondial.

L'an dernier a marqué un tournant dans les relations commerciales de l'UE avec la Chine. Pour la première fois, tous les pays membres de l'UE ont enregistré un déficit commercial avec le pays.

Les données d’Eurostat montrent que les importations de l’UE en provenance de Chine atteignent 559,4 milliards d’euros, soit environ 695,3 milliards de dollars (12 390 000 milliards de roupies) en 2025. En revanche, les exportations de l’UE vers la Chine n’atteignent que 231,5 milliards de dollars (4 125,3 milliards de roupies), ce qui entraîne le plus grand déficit commercial de l’histoire de 417,4 milliards de dollars (7 419,3 milliards de roupies).

La concurrence acharnée de la Chine dans les secteurs des véhicules électriques, des panneaux solaires, des batteries, de l'acier, des produits chimiques et des machines impose une pression considérable aux producteurs européens. Par conséquent, Bruxelles considère désormais l'entrée de produits chinois bon marché soutenus par l'État non seulement comme une question commerciale, mais aussi comme une question stratégique.

Le think tank Center for European Reform basé à Londres a averti l’Allemagne du risque de déindustrialisation grave dû à la capacité de production croissante de la Chine. Les entreprises chinoises sont de plus en plus en mesure de s’emparer de la part de marché des fabricants allemands, que ce soit sur le marché intérieur allemand, dans les pays tiers ou directement sur le marché européen.

Plusieurs rapports estiment que la Chine pourrait contrôler environ 40 % de la production industrielle mondiale d'ici 2030. Cette situation est perçue comme exerçant une pression considérable sur les capacités de production, de recherche et de développement (R&D) et d'innovation en Europe.

Pour relever ce défi, l'Union européenne prépare de nouveaux mécanismes. La Commission européenne étudie le lancement d'enquêtes de protection du marché sur de larges secteurs, le développement de nouveaux instruments pour faire face à l'excédent de production chinois dans des secteurs stratégiques, ainsi que l'application de mesures de protection sectorielles.

Plusieurs propositions de la France, de l'Italie, de l'Espagne, des Pays-Bas et de la Lituanie vont même au-delà du mécanisme antidumping actuel. Ces pays proposent l'application de droits de douane directs sur des secteurs spécifiques sans avoir à passer par un long processus d'enquête.

Chaîne d'approvisionnement de produits critiques

L'une des réglementations importantes qui est en cours d'élaboration obligerait à diversifier la chaîne d'approvisionnement pour les produits critiques. Le but est d'empêcher les entreprises européennes de dépendre d'un seul pays ou d'un seul fournisseur pour leurs besoins en puces semi-conductrices, en terres rares et en autres matières industrielles stratégiques.

Dans le projet, les entreprises sont tenues d'avoir au moins trois sources d'approvisionnement différentes et de limiter la part d'un fournisseur dans leurs besoins totaux.

Le commissaire européen au Commerce, Maros Sefcovic, a proposé cet instrument de diversification afin d’éviter des perturbations potentielles des approvisionnements, en particulier pour les semi-conducteurs et les matières premières critiques.

Selon le Leibniz Centre for European Economic Research (ZEW), la diversification impose effectivement des coûts supplémentaires aux entreprises. Cependant, ces coûts devraient être considérés comme une prime d’assurance car les pertes causées par la perturbation des approvisionnements peuvent être bien plus importantes.

Une autre option envisagée est un nouveau mécanisme pour maintenir la résilience économique de l'UE. À travers cet instrument, le bloc peut directement appliquer des tarifs supplémentaires et des quotas d'importation lorsque des pratiques de marché considérées comme nuisibles menacent la sécurité économique de la région. Le fondement juridique est censé utiliser la clause d'exception à la sécurité nationale dans les règles de l'Organisation mondiale du commerce (OMC).

L'attitude de plus en plus ferme de l'UE à l'égard de la Chine est motivée par des inquiétudes quant à la dépendance stratégique et à l'aggravation du déficit commercial. Les restrictions sur les exportations de terres rares, de magnétite et d'autres technologies critiques par Pékin ont également suscité des inquiétudes en Europe.

Bruxelles ne veut pas vivre une nouvelle crise comme celle qui a suivi l'éclatement de la guerre russo-ukrainienne, lorsque l'interdépendance énergétique est devenue un problème majeur. Cependant, jusqu'à présent, il n'y a pas eu de consensus complet entre les États membres sur l'application de mesures commerciales très strictes à l'encontre de la Chine.

La France est l'un des pays qui ont poussé les tarifs plus haut, tandis que l'Allemagne et l'Espagne ont tendance à adopter une approche plus prudente en raison de leurs liens économiques étroits avec la Chine.

Cependant, la politique générale de l'UE est actuellement orientée vers des efforts visant à réduire la dépendance et à maintenir la compétitivité, et non à rompre totalement les relations économiques avec la Chine.

Les nouveaux instruments de défense commerciale discutés lors des différentes rencontres de cette semaine devraient déterminer l'orientation des relations économiques entre Bruxelles et Pékin à l'avenir.


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