Les tarifs américains de 50 % sont à l'horizon, le Canada cherche un accord commercial à Washington

JAKARTA - Le Canada se lance dans une course contre la montre pour parvenir à un accord commercial temporaire avec les États-Unis avant que les droits de douane de 50 % sur plus de 500 catégories de produits canadiens ne prennent effet la semaine prochaine.

China Daily, cit́é vendredi 14 août, a indiqué que le gouvernement du président des États-Unis Donald Trump devait imposer des tarifs additionnels mercredi. Les produits touchés incluent des boissons alcooliques, des produits laitiers, du miel et des articles de sport.

Les nouveaux tarifs devraient viser des marchandises d’une valeur d’environ 20 milliards de dollars, soit environ 5% des exportations canadiennes vers les États-Unis. De nombreux produits avaient auparavant été protégés des tarifs en vertu de l’Accord entre les États-Unis, le Mexique et le Canada, ou USMCA.

L'énergie, le potasse ou les matières premières pour engrais à base de potassium, le poisson et les minéraux critiques sont exclus.

Le chef économiste de la Banque de Montréal, Douglas Porter, estime que de telles tarifs pourraient interrompre presque toutes les exportations de produits concernés.

« Les tarifs de 50 % feraient probablement cesser presque toutes les exportations de ces produits », a dit Porter aux médias canadiens, comme le rapporte China Daily.

Le gouvernement Trump a associé ces tarifs à ce qu'il a appelé une discrimination à l'encontre des produits américains. Washington a souligné le boycott des boissons alcoolisées américaines et les restrictions canadiennes sur les importations de produits laitiers.

La Maison-Blanche a qualifié ces restrictions de déraisonnables, inégaux et discriminatoires.

Le ministre canadien du Commerce du Canada-États-Unis, Dominic LeBlanc, et la chef de la negociatrice du Commerce Janice Charette ont rencontré le Représentant du Commerce des États-Unis Jamieson Greer à Washington mardi. C’est la troisi?me rencontre en trois semaines.

« Les discussions se poursuivent et nous sommes toujours à la table des négociations pour défendre et défendre fermement les intérêts du Canada », a écrit LeBlanc sur X.

Greer veut qu'un accord provisoire soit conclu avant que les négociations sur la mise à jour de l'USMCA ne soient reprises.

Cependant, la Canadian Broadcasting Corporation ou CBC, citant plusieurs sources, a rapporté que l’équipe canadienne n’était pas satisfaite de la dernière offre des États-Unis. Washington a proposé une réduction de certains tarifs, mais pas aussi importante que celle souhaitée par Ottawa.

Les membres du comité consultatif du commerce transfrontalier du Canada sont également rapportés à se réunir lundi, cóincidant avec le retour du Premier ministre Mark Carney de l’Italie. Le bureau de Carney a déclaré qu’il maintenait la communication avec l’équipe concernant les negóciations entre le Canada et les États-Unis.

Le Premier ministre de l'Ontario Doug Ford a demandé au Canada de réagir de la même manière si les tarifs étaient effectivement imposés.

« Si ces tarifs sont appliqués, le Canada doit réagir avec des tarifs, des dollars avec des dollars », a écrit Ford sur les médias sociaux.

Les nouveaux tarifs utiliseront l’article 338 de la loi sur les tarifs des États-Unis de 1930 ou la loi Smoot-Hawley Tariff Act. Cette loi donne au président le pouvoir de prendre des mesures contre des politiques commerciales unilatérales jugées préjudiciables aux États-Unis.

L'article n'a pas été utilisé depuis presque un siècle, il n'est donc pas clair comment la juridiction jugera la légalité de son application.

Trump a auparavant refusé de prolonger automatiquement l’USMCA pendant 16 ans lorsque l’échéance du 1er juillet est arrivée. En conséquence, l’accord doit maintenant subir un examen obligatoire chaque année.

Il a également imposé des tarifs en vertu de l'article 232 de la loi sur l'expansion du commerce de 1962 sur les voitures, l'acier, l'aluminium et les produits forestiers.

Les nouvelles tarifs sont censées réduire le PIB canadien de 0,5 %. Ce chiffre est en dehors de la baisse d’environ 1,5 point de pourcentage que la Banque du Canada avait auparavant prévue en raison des tarifs en vigueur.

ATB Financial a constaté que les exportations canadiennes vers les États-Unis avaient baissé de plus de 5% l’an dernier. En revanche, les exportations canadiennes vers d’autres pays ont augmenté de plus de 15%.