Après les voitures électriques, l'UE vise maintenant les véhicules hybrides fabriqués en Chine

JAKARTA - Lorsque l’Union européenne applique des tarifs supplémentaires sur les véhicules électriques chinois à la fin de 2024, cette mesure devrait être en mesure de freiner le rythme d’entrée sur le marché européen de voitures compétitives.

Cependant, de nombreux constructeurs automobiles chinois ont plutôt orienté leur attention vers des véhicules hybrides rechargeables (PHEV), qui enregistrent désormais une croissance significative des ventes dans la région. Selon le journal allemand Handelsblatt, Bruxelles prépare actuellement de nouvelles mesures commerciales visant les véhicules hybrides rechargeables chinois.

Si elle est mise en œuvre, cette politique élargira la guerre tarifaire qui se concentrait auparavant uniquement sur les véhicules électriques purs et comblera le fossé qui a jusqu'ici été exploité par un certain nombre de constructeurs automobiles chinois. Un dirigeant industriel interviewe par Handelsblatt a déclaré que les constructeurs chinois se sont vite mis à l’œuvre après l’introduction des tarifs sur les vehicules electriques.

Selon lui, cette situation constitue une brèche ouverte que l'Union européenne doit combler. Ces inquiétudes ne sont pas sans rapport avec l'augmentation de la pénétration des marques chinoises sur le marché européen.

Selon Carscoops, lundi 22 juin, l’enregistrement des vehicules hybrides rechargeables BYD a été rapporté comme ayant créweé beaucoup plus vite que son modelé electrique pur tout au long de l’an. En même temps, Chery aurait envoyé des dizaines de milliers d’unit́s hybrides rechargeables en Europe, tandis que le volume des vehicules electriques purs émanant de l’Europe était beaucoup plus petit, selon un rapport de Handelsblatt.

Pour les constructeurs européens qui tentent de maintenir leur part de marché face à l'assaut des constructeurs chinois, cette tendance constitue un défi en soi. Actuellement, l'industrie automobile chinoise est censée représenter environ un sur 10 voitures neuves vendues en Europe.

Cependant, le plan d’application des nouveaux tarifs est toujours en cours d’examen. Le rapport indique qu’une enquête officielle est en cours d’organisation et que si elle est approuvée par les pays membres de l’Union européenne, la politique pourrait être mise en œuvre dans les mois à venir.

D'autre part, toutes les parties ne sont pas convaincues que les tarifs supplémentaires seront en mesure d'entraver l'expansion des fabricants chinois de manière significative. L’analyste d’UBS, Patrick Hummel, estime que les avantages que l’on peut retirer sur le marché européen sont encore assez importants pour que les droits de douane supplémentaires ne compromettent probablement pas la stratégie à long terme des fabricants.

En outre, un certain nombre d’entreprises automobiles chinoises ont également commencé à rapprocher leur production du marché européen. Certains d’entre eux utilisent les installations de fabrication moins optimales des fabricants établis tels que Nissan, tandis que d’autres préparent la construction de nouveaux usines dans la région afin d’éviter les effets des tarifs à long terme.

Les changements de politique en Europe sont également apparus. Les gouvernements qui étaient auparavant enclins à être prudents dans la prise de mesures susceptibles de provoquer des tensions avec Pékin sont désormais considérés comme plus ouverts à des politiques commerciales plus strictes pour préserver la compétitivité de l’industrie nationale.

Cela dit, l’intérêt des consommateurs européens pour les marques automobiles chinoises continue d’afficher une tendance positive. Les réglementations et les tarifs peuvent ralentir leur rythme d’expansion, mais il est difficile d’arrêter les ambitions des fabricants chinois qui sont actuellement encore agressifs dans l’expansion de leur empreinte commerciale sur le marché européen.