OMS : le conflit a aggravé l'épidémie d'Ebola en RDC

JAKARTA - Le directeur général de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), Tedros Adhanom Ghebreyesus, a averti que l’augmentation de la violence dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC) avait aggravé l’épidémie d’Ebola et entravé les efforts humanitaires visant à lutter contre la maladie.

« Le DRC est maintenant confronté à un choc terrible entre la maladie et le conflit », a-t-il écrit sur X, comme le rapporte ANTARA de Anadolu, jeudi 28 mai.

Tedros a déclaré que l’épidémie d’Ebola dans la province d’Ituri était difficile à gérer en raison des combats et des déplacements qui entravaient l’accès aux communautés touchées.

L’épidémie implique le souche de l’ébola Bundibugyo, pour lequel il n’existe actuellement aucun vaccin ou traitement approuvé. Il a prévenu que les affrontements en cours forcent les personnes exposées à entrer dans des camps bondés, permettant une transmission plus large.

« L'arrêt de la transmission de l'ébola dépend entièrement de l'accès humanitaire », a déclaré Tedros.

Les attaques contre les installations de santé rendent également la traçabilité des infections et des contacts « presque impossible », a-t-il ajouté.

Le chef de l'OMS a dit que les agents de santé de première ligne travaillaient en dépit des dangers extrêmes alors que la violence s'étendait dans toute la région.

« Nous ne pouvons pas construire la confiance du public ou isoler les malades alors que les bombes tombent », a écrit Tedros.

Il a exhorté toutes les parties impliquées dans le conflit à accepter immédiatement un cessez-le-feu et à autoriser un « accès sûr et continu » aux équipes médicales qui s’occupent de l’épidémie.

« Nous demandons que la survie humaine soit prioritaire au-dessus de tout », a-t-il dit.

Les violences dans l'est de la RDC impliquent plusieurs groupes armés, dont les rebelles du M23 et la milice Coopérative pour le Développement du Congo, et ont provoqué le déplacement de centaines de milliers de civils dans le sillage de tensions ethniques et régionales de longue date.

Auparavant, les autorités sanitaires avaient prévenu que l'épidémie d'Ebola continuait de se propager dans plusieurs parties de l'Afrique, les pays voisins étant également touchés.

Dix pays, dont le Rwanda, le Kenya, la Tanzanie, l’Angola, le Burundi, la Centrafrique, la République du Congo, l’Ethiopie, le Sud-Soudan et la Zambie, sont exposés à un risque d’épidémie d’Ebola, selon le Centre africain pour le contrôle et la prévention des maladies.

L'OMS a également averti que bien que le risque de propagation mondiale reste faible, la situation est surveillée de près en raison du nombre de cas, des infections parmi les agents de santé et des épidémies dans les zones urbaines.