Kevin Warsh promet de préserver l'indépendance de la Fed, de refuser d'être appelé la marionnette de Trump

JAKARTA - Kevin Warsh tente de répondre à l’une des plus grandes suspicions depuis que son nom a été proposé pour diriger la Réserve fédérale, à savoir s’il sera soumis à Donald Trump ou s’il gardera son distance. Lors de la session de confirmation au Comité sénatorial américain des banques, Warsh a insisté sur le fait qu’il ne serait pas une « marionnette » du président et a promis de préserver l’indépendance de la politique monétaire.

Citant The Straits Times, le 22 avril, Warsh a dit que Trump ne lui avait jamais demandé de fixer d’abord la direction des taux d’intérêts. Il a également affirmé qu’il n’aurait jamais accepté une telle intervention. « Le président ne m’a jamais demandé de fixer, de me dédiér, de déterminer ou de décidé quel taux d’interét que ce soit dans n’importe quelle conversation que nous ayons été en charge, et je ne serais jamais d’accord pour le faire non plus », a déclaré Warsh.

Warsh, ancien membre du Conseil des gouverneurs de la Fed, a souligné que la politique monétaire devait rester independante. Mais il a ajouté que, selon lui, l’indépendance n’est pas automatiquement perturbée simplement parce que les fonctionnaires elégés exprimént leurs points de vue sur les taux d’interét.

Cette session est une étape importante pour Warsh pour remplacer Jerome Powell, dont le mandat en tant que président de la Fed prend fin le 15 mai. Depuis son retour à la Maison-Blanche en 2025, Trump a à maintes reprises attaqué Powell pour ne pas avoir réduit assez rapidement les taux d’intérêts. À CNBC le 21 avril, Trump a même dit qu’il serait déçu si le nouveau président de la Fed ne réduisait pas immédiatement les taux d’intérêts. Il a également de nouveau souligné le projet de rénovation coûteux du siège social de la Fed.

Warsh a critiqué la Fed pour avoir échoué à atteindre son objectif d’inflation depuis la pandémie de Covid-19. Il a rappellé que l’inflation sera beaucoup plus difficile à controllé lorsqu’elle aura enracińé.

La pression sur sa nomination vient également de plusieurs directions. Tous les sénateurs démocrates du Comité des banques ont demandé que le processus soit retardé jusqu'à ce que l'enquê̂te sur Powell et la gouverneur de la Fed Lisa Cook soit terminée. Le sénateur républicain Thom Tillis a également promis d'obstruer tous les candidats aux postes de la Fed jusqu'à ce que l'enquê̂te impliquant Powell soit terminée, bien qu'il ait ensuite demandé que l'affaire soit suspendue.

Lors de la session, Warsh a également été incit à expliquer les avoirs d’environ 100 millions de dollars qu’il est prét à laisser s’il est approuvé pour la nomination. La senatrice democrate Elizabeth Warren a rappellé que la Fed ne devait pas être dirigée par un « poûssé à la main » du président.

De l’extérieur du Sénat, les critiques sont également vives. Le chercheur senior du Brookings, David Wessel, a dit à l’AFP que la session était une opportunité pour Warsh « d’indiquer qu’il avait l’intention d’être une banque centrale crédible et indépendante ». Selon Wessel, Warsh doit faire attention à ne pas enrager Trump, mais aussi à ne pas paraître faible ou soumis à des pressions politiques.

L'attention du marché s'est également tournée vers la même chose. L'économiste de ING James Knightley a dit à l'AFP que les analystes avaient observé à quel point la position de Warsh était proche de celle du président, en particulier en ce qui concerne la baisse des taux d'intérêts.

Warsh a également signalé son intention de modifier la façon dont la Fed communique. Il estime que les responsables de la banque centrale parlent trop de la direction des taux d’intérêts avant la tenue d’une réunion officielle. Il a également dit que la Fed ne devrait pas s’impliquer dans des domaines qui ne relèvent pas de son autorité ou de son expertise, tels que les questions climatiques et la diversité.

En fin de compte, ce qui a attiré l'attention n'est pas seulement Warsh, mais aussi si la Fed peut rester indépendante en dépit des pressions politiques du Palais de la Maison-Blanche.