En dépit du blocus américain, des navires-citernes liés à l'Iran continuent d'entrer dans le golfe
JAKARTA - Le blocus des États-Unis sur les navires liés aux ports iraniens n’a pas complètement fermé la circulation des pétroliers dans le détroit d’Hormuz. Selon un rapport d’Arab News cité jeudi 16 avril, un autre superpétrolier inscrit sur la liste des sanctions américaines a continué à traverser le détroit et à entrer dans la région du golfe.
Les données de navigation de LSEG et Kpler montrent que le pétrolier RHN est entré dans la baie mercredi. RHN est un type de navire VLCC ou Very Large Crude Carrier, c'est-à-dire un pétrolier géant pouvant transporter jusqu'à 2 millions de barils de pétrole. Lors de son passage, le navire était vide et sa destination finale n'était pas connue.
L'entrée de RHN a eu lieu un jour après que le tanker Alicia, également soumis à des sanctions américaines, a traversé le détroit d'Ormuz. Selon les données de Kpler, Alicia se dirige vers l'Irak.
Selon les mêmes données, RHN et Alicia ont tous deux une histoire de transport du pétrole iranien au cours des dernières années.
Le blocus a été annoncé par le président des États-Unis Donald Trump dimanche, après que des pourparlers de paix entre les États-Unis et l’Iran à Islamabad ce week-end n’avaient pas abouti à un accord. Le commandement central des États-Unis a déclaré que 10 navires avaient été contraints de révoluer et qu’aucun navire n’avait été en mesure de traverser le blocus depuis son instauration lundi.
Cependant, l’agence de presse iranienne Fars a rapporté mercredi qu’un supertanker iranien, lui aussi sous sanctions américaines, avait réussi à traverser le Détroit d’Ormuz pour rejoindre le port d’Imam Khomeini. Fars n’a pas mentionné le nom du navire ni les détails de son voyage.
Le rapport d’Arab News a également noté qu’un bateau avait été contraint de se retirer puis de revenir. L’un d’eux, Rich Starry, un pétrolier qui est rentré mercredi dans la baie un jour après avoir quitté.
Washington a également averti de la possibilité de frapper des sanctions secondaires, c'est-à-dire des sanctions économiques contre d'autres parties qui continuent d'acheter du pétrole iranien. Cette mesure est perçue comme une tentative de renforcer la pression en prévision de négociations éventuelles. En fait, quelques semaines plus tôt, les États-Unis avaient assoupli partiellement l'application des sanctions énergétiques à l'Iran.
D'autre part, l'Iran est censé avoir envisagé une proposition visant à ce que les navires puissent passer librement du côté omanais du détroit d'Hormuz sans risque d'attaque. Cette option fait partie de la proposition iranienne dans les négociations avec les États-Unis, à condition qu'il y ait un accord qui puisse empêcher la reprise du conflit.
Les analystes estiment que le blocus américain freine les exportations de brut iranien. Cela dit, l’Iran est censé pouvoir maintenir une production d’environ 3,5 millions de barils par jour pendant plusieurs semaines en stockant du pétrole dans des réservoirs terrestres.
Les données de Kpler montrent que l’Iran a exporté 1,84 million de barils par jour en mars. Durant le mois d’avril, ses exportations ont atteint 1,71 million de barils par jour. Ce chiffre est toujours au-dessus de la moyenne des exportations iraniennes de 2025 qui se situent à 1,68 million de barils par jour.
+
Voici une photo publiée sur le site officiel du Corps des gardiens de la révolution islamique iranienne (IRGC), Sepanews, le 17 février 2026, montrant des navires manœuvrant autour d'un pétrolier lors d'un exercice militaire organisé par les membres de l'IRGC et de la marine dans le détroit d'Ormuz. (ARSIP - AFP - Arab News)