FMI : la guerre au Moyen-Orient fait monter les prix, ralentit la croissance mondiale

JAKARTA - La guerre au Moyen-Orient devrait pousser l’inflation plus haut et freiner la croissance mondiale. Citée par Arab News, mardi 7 avril, la directrice générale du Fonds monétaire international (FMI), Kristalina Georgieva, a déclaré que les effets de ce conflit avaient répandu à l’energié, aux chaines d’approvisionnement et aux risques alimentaires.

Les perturbations proviennent principalement de l'approvisionnement en énergie. Des millions de barils de production de pétrole ont été interrompus en raison du blocus effectif de l'Iran dans le détroit d'Hormuz, une voie empruntée par environ un cinquième du pétrole et du gaz du monde.

En s’appuyant sur un rapport d’Arab News, le FMI est toujours prêt à baisser ses projections de croissance mondiale et à relever ses estimations d’inflation, même si la guerre prend fin dans un proche avenir. Ces scénarios seront inclus dans le rapport World Economic Outlook prévu pour le 14 avril.

Avant que le conflit ne s'aggrave, le FMI avait en fait prévu une croissance mondiale de 3,3 % en 2026 et de 3,2 % en 2027. Mais ces prévisions sont maintenant menacées de révision. Georgieva a déclaré que « toutes les routes conduisent à des prix plus élevés et à une croissance plus lente ».

L’FMI a noté que l’approvisionnement mondial en huile avait baisśe de 13%. Les effets ne s’arrêtent pas à l’huile et au gaz, mais s’étendent à d’autres chaines d’approvisionnement telles que l’helium et les engrais. Si la guerre dure plus longtemps, la pression sur l’inflation et la croissance sera plus grande.

Les pays pauvres et les pays importateurs d'energie sont estimé́s comme les plus durement touch́s. De nombreux pays, a déclaré Georgieva, n'ont pas assez d'espace fiscal pour résister à l'augmentation des prix. Le FMI a également noté que quelque 85 pourcent de ses membres sont des pays importateurs d'energie.

Plusieurs pays ont été mentionnés comme ayant demandé de l’aide financierée, sans que leur nom ne soit mentionné. Le FMI a ouvert la possibilité d’ajouter un soutien par le biais d’un programme de prêt en cours. Georgieva a aussi rappellé que les subventions à l’energiéétaient largement pas une solution car elles pouvaient accentuer la pression inflationniste.

Les effets de la guerre sont ressentis également dans les pays exportateurs d’énergie. Le Qatar, par exemple, estime qu’il lui faudra trois à cinq ans pour récupérer 17 % de sa production de gaz naturel en raison des dommages aux installations. L’Agence internationale de l’énergie a signalé 72 installations énergétiques endommagées pendant la guerre, et un tiers a subi des dommages importants.

Les risques sont apparus dans le secteur alimentaire. Le FMI coordonne maintenant ses actions avec le PAM et la FAO. Si la distribution de engrais est perturbée, la pression alimentaire peut s’aggraver. Pour les pays importateurs d’énergie comme l’Indonésie, cette situation mérite d’être observée car les turbulences des prix de l’énergie mondiale se propagent rapidement aux coûts logistiques et à la pression inflationniste.