Pakistan offre d'être le pays hôte des négociations entre les États-Unis et l'Iran

JAKARTA - Le Pakistan s’est proposé pour accueillir des négociations entre les États-Unis et l’Iran afin de mettre fin à la guerre dans la région du Golfe. L’offre a été faite par le Premier ministre Shehbaz Sharif mardi 24 mars, alors que Islamabad commençait à prendre de l’espace au milieu de l’embouteillage des communications entre de nombreux pays et Téhéran et Washington.

Selon Arab News, mercredi 25 mars, citant Reuters, a rapporté que Sharif a déclaré que le Pakistan est préparé à faciliter les negóciations si les deux parties sont d’accord. Cette déclaration a été faite un jour après que le président des États-Unis Donald Trump a révélé une menace d’attaque contre la centrale iranienne et a déclaré qu’il y avait eu des negóciations « fructueuses ».

Par le biais d’une publication sur X, Sharif a dit que le Pakistan soutenait pleinement les efforts de dialogue pour mettre fin à la guerre. « Avec l’accord des États-Unis et de l’Iran, le Pakistan est prêt et honoré d’être le pays hôte pour faciliter des négociations significatives et concluantes en vue d’une solution globale », a dit Sharif.

L'offre n'est pas sans raison. Le Pakistan a toujours des voies de communication directes avec Washington et Téhéran, alors que de nombreux autres pays sont privés de canaux similaires. Cette position fait de l'Islamabad un pays qui a le capital pour se présenter comme un intermédiaire.

Selon un rapport d’Arab News, le Pakistan a également intérêt à empêcher une guerre généralisée. Le pays a une frontière directe avec l’Iran, a la deuxième plus grande population de chiites au monde après l’Iran et a été affecté par les perturbations des approvisionnements en carburant depuis le début du conflit.

Toujours selon Reuters, citée par Arab News, Islamabad a transmis au moins six messages entre les États-Unis et l’Iran depuis le début de la guerre. En fait, avant que Sharif n’annonce son offre, deux sources ont indiqué que des responsables des deux pays pourraient se rencontrer à Islamabad ce week-end.

Au cours du dernier mois, Sharif et le ministre des Affaires étrangères pakistanais ont été en contact avec des responsables du Moyen-Orient plus de 30 fois, dont environ six fois avec l’Iran. Dans le même temps, la proximité du chef d’armée pakistanaise Asim Munir à Trump a réforçé la position d’Islamabad.

Pour le Pakistan, cette mesure n’est pas seulement une manœuvre diplomatique. Si les négociations se concrétisent, Islamabad a la chance de rehausser son poids dans les négociations régionales, tout en limitant le risque d’une guerre qui ne s’étendrait pas à son propre territoire.