L'Europe panique à la hausse des prix de l'énergie, la guerre iranienne ouvre la voie à l'huile de Russie
JAKARTA - La guerre iranienne a secoué les approvisionnements mondiaux en pétrole et en gaz, forçant l’Union européenne à agir rapidement pour en atténuer les effets. Le Guardian, il y a deux jours, a rapporté jeudi 12 mars que la hausse des prix du pétrole, qui avait atteint 120 dollars le baril en 24 heures, avait occupé Bruxelles et les pays membres à préparer des mesures d’urgence.
L'inquiétude de l'Europe ne concerne pas seulement les prix. Le président du Conseil européen António Costa estime que le plus grand gagnant de ce conflit est Vladimir Poutine. Lorsque les approvisionnements de la région du Golfe sont entravés, la Russie peut entrer pour combler le créché du marché. C'est pourquoi la Commission européenne a déclaré que les États-Unis devaient maintenir les limites des prix du pétrole russe, après que Washington avait assouplit partiellement les sanctions relatives au pétrole pour freiner la hausse des prix mondiaux.
Toujours selon le rapport du Guardian, le commissaire européen à l’Economie Valdis Dombrovskis a insisté sur le fait que l’assouplissement du pétrole russe pourrait devenir un boomerang. Dans le même temps, les commissaires de l’UE discutent des options pour alléger le fardeau des consommateurs et des industries, des changements fiscaux de l’énergie à la révision des prix du carbone.
Les données d'Eurostat montrent que la valeur des importations de pétrole les plus importantes de l'UE cette année provient des États-Unis, soit 15%, suivis de la Norvège à 14%, du Kazakhstan à 13% et des pays du Golfe à 12%. Mais la hausse des prix mondiaux a ouvert une vulnérabilité ancienne: à savoir que l'énergie en Europe était déjà chère même avant que la guerre ne s'agrandisse.
La réponse de chaque pays est différente. La France a déployé des inspections dans 500 stations-service pour empêcher une hausse des prix jugée excessive. L'Italie a menacé d'augmenter les impôts sur les entreprises accusées de tirer profit de la crise. L'Allemagne a refusé d'assouplir les sanctions contre la Russie et a choisi de rester du côté de l'Ukraine. L'Autriche a en fait poussé à une réduction temporaire de l'impôt sur l'essence.
La Hongrie et la Croatie sont les deux premiers pays de l'UE à fixer des prix limites aux carburants. Viktor Orbán a également annoncé la libération des réserves de l'État et a de nouveau demandé la fin des sanctions énergétiques contre la Russie.
Dans d'autres pays, la compagnie aérienne SAS en Suède a augmenté ses tarifs temporairement, tandis que l'Irlande faisait face à de nouvelles inquiétudes en raison de la hausse des coûts de l'huile de chauffage. En raison de ces pressions, l'Europe est confrontée à un dilemme : contenir la crise énergétique sans ouvrir davantage la porte à la Russie.