La Syrie ferme le camp d'Al-Hol qui héberge les parents des anciens suspects d'ISIS
JAKARTA - Les autorités de sécurité syriennes ont fermé le camp d’Al-Hol ou Al-Hawl, qui a longtemps hébergé les parents des combattants présumés de l’EI, après avoir vidé l’installation précédemment contrôlée par les Kurdes, a dit un responsable du camp dimanche.
Le camp de réfugiés d'Al-Hol ou Al-Hawl, situé à la périphérie sud de la ville d'Al-Hawl dans le nord de la Syrie, près de la frontière syro-irakienne, est connu depuis plusieurs années pour accueillir des milliers de réfugiés, principalement des enfants et des femmes, liés à des membres présumés du groupe État islamique de divers pays.
Avec l'annexion de la région par les forces du gouvernement syrien par les troupes kurdes le mois dernier, de nombreux réfugiés du camp d'Al-Hol ont fui.
« Toutes les familles syriennes et non syriennes ont été rélogées », a déclaré Fadi al-Qassem, un fonctionnaire nommé par le gouvernement pour gendré les affaires d’Al-Hol, à l’AFP, citant Al Arabiya (23/2).
Al-Hol, situé dans le désert de la province de Hasakah, est devenu le plus grand camp en Syrie qui héberge les proches des combattants présumés d'ISIS.
Le mois dernier, le gouvernement a repris le camp aux Kurdes, qui l'avaient longtemps géré, alors que les troupes kurdes ont cédé le territoire et que Damas a étendu son contrôle sur une grande partie du nord-est syrien.
Depuis, des milliers de membres des familles des suspects, ex-membres de l'EI, originaires de divers pays, sont partis vers des destinations inconnues.
Ces installations accueillent environ 24 000 personnes, principalement des Syriens, mais aussi des Irakiens et plus de 6 000 autres étrangers de quelque 40 nationalités.
Al-Qassem a dit que les forces de sécurité cherchaient les familles restantes dans les tentes.
Au début de la semaine, les autorités ont commencé à évacuer les habitants restants, les emmenant dans un camp à Akhtarin, au nord de la province d'Alep.
Plusieurs familles ont été emmenées ailleurs, a dit al-Qassem, sans préciser l'emplacement.
« Les habitants du camp sont des enfants et des femmes qui ont besoin d’un soutien pour leur réinsertion », a-t-il ajouté.
Une source de l'organisation humanitaire active dans le camp a dit à l'AFP: « Nous avons évacué toutes nos équipes travaillant dans le camp, démonté tous nos équipements et nos salles préfabriquées et les avons déplacées hors du camp ».
La semaine dernière, l’armée américaine a dit avoir achevé le transfert de milliers de suspects d’ISIS, dont de nombreux Syriens mais aussi des ressortissants occidentaux, en Irak, après avoir été détenus dans des prisons kurdes dans le nord-est de la Syrie pendant des années.
Parallèlement, Human Rights Watch a déclaré mardi dernier que les quelque 5 700 prisonniers transférés « risquaient d’être victimes de disparition forcée, de procès injustes, de torture, de mauvais traitements et de violations du droit à la vie ».
D'autre part, les Kurdes eux-mêmes ont à maintes reprises exhorté les pays à reprendre leurs ressortissants, mais la plupart ne renvoient qu'une petite partie, craignant les menaces à la sécurité et les réactions politiques internes.