Le Conseil exécutif de l'OMS maintient le statut d'urgence sanitaire en Palestine occupée
JAKARTA - Le Conseil exécutif de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) a décidé jeudi de maintenir le statut d'état d'urgence sanitaire dans la région palestinienne occupée, y compris Jérusalem-Est, suite à une résolution adoptée par 27 des 34 membres, reflet des inquiétudes internationales concernant la crise humanitaire et sanitaire à Gaza.
Israël est le seul membre à s'être opposé à cette mesure, tandis que quatre membres se sont abstenus et trois membres ont été absents.
Le Conseil a condamné les attaques répétées et directes contre les installations médicales et le personnel médical, les qualifiant de violations graves du droit humanitaire international et de la Convention de Genève.
La résolution souligne la nécessité urgente d’ouvrir immédiatement des corridors humanitaires sûrs et sans entrave, de garantir l’acheminement des médicaments, des fournitures médicales et des carburants, de garantir la libre circulation des ambulances et des équipes médicales, et de permettre aux patients et aux victimes de blessures - dont 18 500 selon l’OMS - d’accéder aux soins à l’extérieur de Gaza, a-t-on appris de WAFA (6/2).
Le projet de résolution réaffirme la détermination de la communauté internationale, par l'intermédiaire de l'OMS, à protéger les civils palestiniens, à respecter le droit à la santé et à garantir la poursuite des opérations humanitaires sans politisation ni coercition.
Cette résolution émerge au milieu d'une catastrophe humanitaire et sanitaire sans précédent à Gaza, où les attaques continues ont causé des dommages importants aux hôpitaux, aux centres de santé et aux ambulances, en plus de cibler directement le personnel médical et humanitaire.
Entre-temps, le Représentant permanent de la Palestine auprès de l’ONU à Genève, l’ambassadeur Ibrahim Khreisheh, a félicité les pays qui ont soutenu la résolution, soulignant la nécessité d’un effort conjoint des États membres et de l’OMS pour améliorer les conditions de santé en Palestine.
Khreisheh a souligné le rapport du Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l’homme qui a indiqué que 1 582 médecins et travailleurs humanitaires avaient été tués par les forces israéliennes, ainsi que 320 prisonniers palestiniens décédés par négligence médicale.
Il a déclaré que le maintien du statut d’urgence sanitaire n’était pas une option politique mais une nécessité humanitaire urgente pour garantir que l’OMS puisse poursuivre ses travaux conformément à son statut et protéger ce qui reste du système de santé palestinien de la destruction totale, en dépit des tentatives israéliennes pour mettre fin au statut d’urgence.
Khreisheh a noté que les Israéliens continuaient de cibler les infrastructures de santé et humanitaires, et a mentionné que 95% des installations avaient été partiellement ou totalement détruites, et que 37 organisations humanitaires - dont 22 dans le secteur de la santé - avaient été empêchées d'exécuter leurs missions.