L'Union européenne exige l'élimination progressive de l'équipement chinois des infrastructures vitales
JAKARTA - L’Union européenne prépare une mesure ferme pour forcer l’élimination progressive des équipements chinois des infrastructures essentielles dans la région. Cette politique pourrait éliminer des entreprises telles que Huawei et ZTE des réseaux de télécommunications et des systèmes d’énergie solaire dans les pays membres, au cours des prochains mois.
Le Financial Times a rapporté samedi 17 janvier que la proposition la plus récente de l’Union éuropenne sur la cyberécônomé́tié transforméait le régime de restrictions à l’encontre des fournisseurs à risque, qui était jusqu’alors volontaire, en une obligation juridique pour tous les pays membres. Cette mesure est décrite comme faisant partie des efforts visant à renforcer la résilience stratégique et la securité des réseaús vitaux de l’Europe.
« Le cadre actuel n’est pas assez solide car sa mise en œuvre dépend de la volonté de chaque pays », ont déclaré plusieurs responsables de l’UE cités par le Financial Times. Ils ont ajouté qu’une approche obligatoire était nécessaire pour garantir des normes de sécurité uniformes dans l’ensemble du bloc.
Cependant, tous les pays n’ont pas accueilli cette politique avec enthousiasme. Les opérateurs de télécommunications sur les grands marchés tels que l’Allemagne et l’Espagne ont auparavant refusé l’application de restrictions strictes sur les fournisseurs chinois. Ils ont invoqué des coûts élevés et des risques de perturbations des services.
Selon le rapport, la proposition officielle sera présentée mardi 20 janvier. Le calendrier de suppression du matériel chinois sera ensuite adapté au niveau de risque auquel l’Union européenne est confrontée, ainsi qu’aux caractéristiques de chaque secteur. Les facteurs de coût et la disponibilité de fournisseurs alternatifs seront également des considérations majeures.
Jusqu'à la publication de cet article, la Commission européenne, le ministère chinois du Commerce, ainsi que Huawei et ZTE n'avaient pas répondu à la demande de commentaires.
La pression sur les entreprises technologiques chinoises en Europe s’intensifie. Huawei, par exemple, envisage l’avenir de son usine nouvellement achevée dans l’est de la France, au milieu de l’attitude de plus en plus dure des gouvernements européens à l’égard de l’utilisation de l’équipement chinois et de la lenteur de la mise en place du réseau 5G dans la région.
Les États-Unis ont pris la première mesure similaire en interdisant l'approbation de nouveaux équipements de télécommunications de Huawei et ZTE depuis 2022, et en encourageant activement leurs alliés en Europe à suivre cette politique.
Sur le plan géopolitique, cette mesure de l'UE confirme le changement de stratégie de l'Occident qui considère la technologie non plus comme une affaire commerciale, mais comme une partie de la sécurité nationale. Le monde entre dans une phase où les routeurs, les antennes BTS et les panneaux solaires jouent également dans le jeu politique mondial.